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SIA 2026: Lamine Sanogo, président de l'Association des usiniers producteurs de caoutchouc naturel de Côte d'Ivoire: « Nous voulons créer de la valeur sur notre matière première »

  • Photo du rédacteur: Agrilinkage
    Agrilinkage
  • 21 févr.
  • 3 min de lecture

Rencontré au Salon International de l'Agriculture 2026 à Paris, Lamine Sanogo, président de l'Association des usiniers producteurs de caoutchouc naturel de Côte d'Ivoire, nous a accordé un entretien exclusif. Il nous livre sa vision d'une filière en pleine mutation, portée par une ambition claire : ne plus seulement produire, mais transformer.


Lamine Sanogo, vice-président de l'Association des usiniers producteurs de caoutchouc naturel de Côte d'Ivoire. Salon International Agriculture Paris 2026
Lamine Sanogo, président de l'Association des usiniers producteurs de caoutchouc naturel de Côte d'Ivoire. Salon International Agriculture Paris 2026

Une présence remarquée dans un salon d'exception


La Côte d'Ivoire est cette année le pays à l'honneur du Salon International de l'Agriculture de Paris, et sa présence ne passe pas inaperçue. Le stand ivoirien n'a pas désempli de la matinée, attirant visiteurs, professionnels et partenaires potentiels venus s'informer sur une agriculture qui représente deux tiers de la population active du pays.


Pour Lamine Sanogo, ce salon est avant tout un espace de rencontres stratégiques. L'objectif est simple mais ambitieux: trouver des partenaires capables de partager la vision d'une filière qui veut monter en gamme.


Troisième producteur mondial, mais 100% exporté en l'état


La Côte d'Ivoire produit aujourd'hui deux millions de tonnes de caoutchouc naturel par an, ce qui en fait le troisième producteur mondial et le premier producteur africain. Mais derrière ce chiffre impressionnant se cache une réalité que Lamine Sanogo veut changer.


Aujourd'hui, l'intégralité de cette production quitte le pays sous forme de TSR, Technically Specified Rubber, c'est-à-dire du caoutchouc techniquement spécifié. La matière première part brute, et c'est ailleurs qu'elle est transformée en produits finis.

"Les 2 millions de tonnes que nous produisons partent en totalité à l'export. Le challenge aujourd'hui, c'est de créer de la valeur sur une partie de cette production, ici, en Côte d'Ivoire."





SIA 2026. Association des professionnels du caoutchouc naturel de Côte d'Ivoire.
SIA 2026. Association des professionnels du caoutchouc naturel de Côte d'Ivoire.

L'objectif affiché par l'association est de passer à la deuxième transformation, produire localement des biens directement utilisables par les industries et les consommateurs, plutôt que de laisser cette valeur ajoutée partir avec la matière première.


Un caoutchouc d'exception, porté par une histoire singulière


Ce qui distingue le caoutchouc ivoirien sur les marchés internationaux ne relève pas du hasard. Dès le départ, la filière a été encadrée par une société d'État qui a imposé des pratiques agricoles rigoureuses à l'ensemble des acteurs. Résultat : un caoutchouc d'excellente qualité, reconnu comme l'un des plus propres disponibles sur le marché mondial, et particulièrement recherché par les industries les plus exigeantes.


Un potentiel de croissance unique au monde


Alors que les grands pays producteurs traditionnels arrivent à saturation de leur potentiel foncier, la Côte d'Ivoire affiche une croissance annuelle de sa production de 15 à 20%. Cette dynamique est rendue possible par l'existence de zones savanicoles dans le nord du pays. Ces régions, bien qu'elles soient situées dans la savane, bénéficient d'environ 1 500 mm de pluie par an, largement au-dessus des 1 400 mm nécessaires à la culture de l'hévéa. De nouvelles plantations y sont créées sur des jachères et des savanes, sans toucher à la moindre forêt.


C'est un avantage décisif dans un contexte où la réglementation européenne contre la déforestation contraint désormais les importateurs à tracer l'origine de leurs matières premières avec une précision inédite. Le caoutchouc ivoirien, produit sur des terres non forestières, est naturellement positionné pour répondre à ces exigences de durabilité là où d'autres filières peinent à s'adapter.


Salon International Agriculture Paris 2026. Pavillon du Côte d'Ivoire
Salon International Agriculture Paris 2026. Pavillon du Côte d'Ivoire

Paris comme point de départ vers la 2e transformation


Pour Lamine Sanogo, le Salon de l'Agriculture est bien plus qu'une vitrine. C'est un point de départ pour construire les partenariats technologiques, financiers et humains nécessaires à la montée en valeur de la filière. La France, reconnue pour son expertise dans la transformation des matières premières tropicales, représente un interlocuteur naturel.

Le message de la filière caoutchouc de Côte d'Ivoire est clair: le pays ne veut plus seulement être le fournisseur de matière première du monde. Il veut en devenir l'atelier.


 
 
 

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